Addictions et Compulsions

Addictions et compulsions : et si être en paix avec soi-même pouvait tout changer?

Je suis actuellement en train de lire le livre de Marylin Bradford “Right Recovery For You” (“La Bonne Réparation Pour Toi” en français).

 

Pour cet auteur, qui a été alcoolique, il n'y a pas de comportement qui ne puisse être changé. Elle propose de regarder tout d'abord ce que cette addiction nous apporte : est-ce que c'est un comportement attendu (comme travailler sans compter ses heures et ne pas prendre de vacances)? Est-ce que c'est bien vu (comme la cigarette ou le joint, voire la cocaïne dans certains milieux)? Est-ce que ça permet de survivre (boire pour supporter les coups et les humiliations permet de ne pas céder à la tentation de mettre fin à ses jours, les scarifications permettent de ressentir un certain contrôle sur son corps...)? Est-ce que ça permet de maintenir un équilibre dans la famille?

 

Chaque situation d'addiction ou de comportements compulsif ont des avantages évidents ou cachés, et les lister permet de faire un premier pas vers le changement. Un exemple : En étant l'alcoolique, on est le mouton noir de la famille et en recevant les brimades et remarques méchantes, on permet aux autres membres de la famille de ne pas avoir à regarder ce qu'ils pourraient changer eux-même. Il faut aussi accepter que changer notre comportement va provoquer des remous au sein de la famille avant de pouvoir se défaire de cette addiction.

 

Les comportements compulsifs ont des effets du même ordre : Untel critique sans arrêt les autres, ça lui permet de ne pas regarder là où il a lui-même un sentiment d'échec ; en faisant les boutiques, j'ai l'impression de prendre soin de moi un moment, etc...

 

Personnellement, je mange! Dès que ça ne va pas, je mange; quand je suis stressée, je mange, quand je suis fatiguée, je mange, quand je suis contrariée, je mange encore! Puis je suis encore plus fatiguée, stressée, etc... C'est le serpent qui se mord la queue!

 

Et qu'est-ce que manger m'apporte de bon? D'abord, le bien-être physique d'avoir le ventre plein, plus détendue, presque envie de dormir parfois... Et puis ça prend du temps, et j'en ai donc moins pour ce que je « dois » faire, pour ce qui me me stresse ou m'angoisse (passer un coup de fil, faire des démarches, prendre rdv, sortir et parler de mon activité, etc...). Ça me permet aussi, par l'état de flottement qu'il me procure, d'être moins consciente de ce qui m'entoure : les jugements, les actualités qui me dérangent, les possibilités que j'aurais si je ne restais pas enfermée...

 

Un autre exercice que Marylin Bardford nous propose est de se rappeler le souvenir d'un jugement positif et d'un jugement négatif. Ce qui m'est venu en tête concernant le jugement positif, c'est quand j'étais chez ma grand-mère et que ma sœur et moi étions jugée comme « gentilles et sages ». Nous avons donc associé le fait d'être acceptées et bien vues à ce comportement de calme et silence. On parlait à voix basse (parfois, on ne parlait même pas, un regard échangé suffisait à se comprendre), on faisait peu de bruit, on ne donnait pas notre avis (même quand on me le demandait, j'avais du mal à trouver quoi dire puisque ma volonté était de plaire et d'aller dans le sens de la personne qui me parlait). Ça ne nous empêchait pas de jouer et de rire, mais en présence d'adultes, tout se faisait en silence. Ça m'a handicapé, puisque j'ai mis du temps à réapprendre à exprimer mes opinions, à me faire entendre, et aujourd'hui encore, j'évite de contredire mes interlocuteurs et j'ai du mal à dire non.

Dans les jugements négatifs, me sont revenus une série de conversations avec ma mère au sujet de mon orientation scolaire et professionnelle. Dès que j'émettais un avis, que j'exprimais l'envie de suivre une voie, la réponse était invariablement de l'ordre de « tu sais, c'est difficile; seuls les meilleurs réussissent dans cette voie; c'est bouché; c'est peu rémunérateur ». Je ne sais pas si la volonté de ma mère était de m'éviter la douloureuse expérience de la déception, ou si, voyant mon manque d’entrain à mes études (d'une part je m'ennuyais et ne comprenais pas pourquoi je devrais apprendre des choses inutile par cœur, et d'autre part, je n'avais pas envie de me faire remarquer, j'avais juste envie qu'on me fiche la paix, qu'on n'attende rien de moi, donc je m'arrangeais pour avoir juste la moyenne à l'école) elle ne voyait pas comment j'arriverais dans des études plus poussées. En tout cas, ce que j'entendais, c'est « tu es nulle, tu ne vas pas y arriver, les autres sont meilleurs que toi, tu n'as aucune volonté, tu n'es pas assez bien ».

Peut-être que si à cette conversation, ma mère avait ajouté « mais si tu es motivées, je sais que tu peux y arriver » ou quelque chose du genre, ça aurait changé quelque chose, je ne sais pas, et le but ici n'est de toute façon pas de m'apitoyer sur mon enfance (qui a été plutôt heureuse) ni de donner tort à ma mère, qui n'a pas non plus grandi avec des modèles d'encouragement et de positivité et qui a fait du mieux qu'elle a pu pour élever ses 4 filles... L'objectif, c'est de regarder ce que j'ai fait de cette expérience et comment ça a modelé certains de mes comportements.

 

Le résultat a été que je me suis très souvent auto-saboté pour donner raison à ce que je pensais de moi. J'ai saboté des entretiens d'embauche, des rencontres et pleins de possibilités qui m'enthousiasmaient mais pour lesquels j'avais le point de vue : je n'y arriverai pas, je suis nulle, je ne suis pas capable, bien d'autres le font mieux que moi... Je sais que j'ai des capacités, je sais par exemple que j'ai une facilité à voir la beauté des personnes que je côtoie, leurs capacités et les possibilités qu'elles ont, pour leur permettre de dépasser ce qui les bloque ; j'ai aussi de grandes capacités à comprendre au-delà des mots, d'entendre le sens caché des choses qu'on me dis. J'ai écrit des listes entières de capacités et de talents, mais tant que je ne m'étais pas débarrassée de mon sentiment d'inaptitude et de mon manque de légitimité, je ne pouvais pas me persuader de leur pertinence.

 

J'ai aussi ravalé énormément de colère et de sentiment d'injustice. Quand j'entendais un non, qu'on me contredisais à tort, qu'on faisait quelque chose de contre-productif comme nous rabaisser moi ou les autres, je me renfermais. J'étais dans une rage folle, je me sentais bouillir de l'intérieur, je n'acceptais pas, mais j'avais cette énergie en moi de résistance "ah oui, tu penses ça de moi, ok, je stoppe tout", et j'arrêtais de travailler à l'école, ou je rentrais dans ma coquille et ne faisais que le strict minimum au travail, je ne parlais plus. Je savais que je survivrais sans ces personnes, sans leur argent, sans leur emploi, sans leur approbation, et si quelque chose me dérangeais, si je percevais que quelqu'un essayait de décider pour moi ou de prendre le dessus, je me retirais. Et évidemment, avec le recul, ça a été très dur pour moi et pour mon corps aussi de supporter tout ça plutôt que d'exprimer mon désaccord, mais je ne savais pas faire autrement. Et je me sentais me diminuer à chaque fois de plus en plus.

 

Heureusement grâce au travail que j'ai fait sur moi, et notmamment avec Access Consciousness® j'ai maintenant des outils pour voir au-delà de ces limitations, du passé, des contrariétés, et des mensonges sur lesquels je me suis construit en partie, pour aller vers les possibilités infinies qu'on a tous lorsqu'on est soi-même et qu'on connaît ses forces et ses faiblesses.

 

 

Ce sont les outils que je vous présente au fur et à mesure : à qui est-ce que ça appartient ? (cette idée que j'ai grossi par exemple, elle vient de ma voisine de table!), Point de Vue Intéressant (que j'ai ce point de vue sur mes capacités ou que je me compare aux autres), Lourd ou Léger ? (qu'est-ce qui est vrai ici pour moi?), etc...  

 

Et si en utilisant ces outils tous les jours, on vivait dans la fluidité et l'aisance qu'on a toujours su possibles?

 

Si vous avez envie d'une séance ou d'un atelier sur ce sujet, n'hésitez pas à m'en parler.